Affiche française de DEVOTEE
Affiche américaine de DEVOTEE
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BANDE-ANNONCE ORIGINALE (FRANCE) DE "DEVOTEE" :
BANDE-ANNONCE ANGLAISE DE "DEVOTEE" (TRAILER, IN ENGLISH) :
DEVOTEE a reçu une MENTION SPECIALE au Barcelona IGLFF 2008 :

Hervé aime les mecs de 20 ans. Mais il n'est pas toujours facile de satisfaire ses désirs quand on est différent des modèles qui ornent les couvertures de magazines... Les choses vont-elles changer quand Hervé rencontre un beau mâle de 21 ans, "devotee" ?
Hervé likes 20-year-old guys. But it's not always easy to get what you desire when you're different from the models gracing magazines' covers...Will things change when Hervé meets a 21-year-old hunk who is a "devotee" ?
Hervé houdt van jongens van 20 jaar... Maar het is niet altijd makkelijk om je lusten te bevredigen als geen frontcover model bent... Zullen de dingen veranderen als Hervé botst op een mooie "devotee" jongen van 21 jaar ?
Hervé Chenais tem predileção pelos rapazes de 20 anos. Ele busca amor e companhia. Mas nem sempre é fácil conseguir o que se deseja se você é bem diferente do padrão de modelos que estampa as revistas. Em especial se você é mais velho (43 anos) e inválido (Hervé nasceu sem braços e pernas). Será que a situação mudará quando ele conhece on-line um belo jovem de 21 anos que é um “devotee”? “Devotee” é o praticante de acrotomofilia, que é a atração sexual por pessoas com amputações. O encontro dos dois revela a dificuldade que Hervé tem de conhecer pessoas que o tratem como um ser humano, e não um fetiche. Rémi Lange ilustra tema e personagem com muitas cenas de sexo.
Devotee es la historia de Hervé, hombre enérgico de 43 años de edad, que nació sin brazos y piernas. Él satisface a un hombre joven magnífico que ha conocido por internet, un devoto (devoteeism - o el acrotomophilia- es la atracción sexual hacia personas con amputaciones) quien parece que podría ser diferente a los demás. Sus encuentros prueba la dificultad de Hervé en encontrar una conexión verdadera con alguien que esté interesado en tratarle como una persona antes que como un simple fetiche.
Another summary :
A disabled man seeks love and companionship.
PRESS REVIEWS / REVUE DE PRESSE :

CLIQUEZ SUR LA PHOTO DE GAUCHE POUR LIRE LA CRITIQUE DE HETEROCLITE (SEPTEMBRE 2008)
"DANS 'DEVOTEE', SON NOUVEAU FILM, REMI LANGE SE PENCHE SUR LE DESIR D'UN BEAU GARCON POUR UN HOMME AUX MEMBRES ATROPHIES. UNE NOUVELLE FACON POUR LUI DE SE PENCHER SUR LES SEXUALITES ET LES CORPS DIFFERENTS..." (DIDIER ROTH-BETTONI)
"One of the strongest and most unforgettable films you will see at the festival this year." 2009 TLVFEST - Israel International LGBT Film Festival
"Rémi Lange brise ici un des tabous sexuels et humains les plus sensibles de notre époque : l'attirance pour l'infirmité, la condition sentimentale et érotique des handicapés physiques. A travers la relation entre un jeune valide et un homme privé de bras et de jambes, il repousse certaines limites avec une audace, un respect et un humour aussi bien dignes d'un kamikaze que poignants". (Bernard Achour, Têtu, juin 2008)
"En brisant des tabous profondément ancrés dans notre société, Remi Lange signe un film déroutant et bouleversant. Remi Lange brengt een ontroerend en ongewoon verhaal en doorbreekt taboes die diep geworteld liggen in onze cultuur." (Genres d'à côté, Bruxelles, juin 2008)
"Le réalisateur Rémi Lange signe un film intimiste, à la fois pudique et dérangeant qui n'est pas sans rappeler l'univers de Lynch ou Cronenberg. L'idée de départ a été la scène fantasmagorique et culte de HUSTLER WHITE de Bruce LaBruce où un skin fait un foot fucking avec son moignon à un devotee. Le scénario est co-signé par Hervé Chenais, qui tient le rôle principal aux côtés de l'angélique Guillaume Quashie-Vauclin. Une condamnation du culte du corps omniprésent et véritable objet de consommation !" (TRIBU MOVE, juillet 2008)
"From the director of 'The Path to Love' comes the intimately realized story of Hervé, whose body marks him as an outsider to the younger men he desires. When he meets an attractive man online who is drawn to his difference, will a sexual encounter lead to something more ?" (Newfest, New York, juin 2008)
"Daring and straightforward, DEVOTEE is the story of Hervé, an assertive 43-year-old man who was born without arms or legs. He meets a gorgeous young man online, a devotee (devoteeism (or acrotomophilia) is the sexual attraction to people with amputations) who seems like he might be different. Their encounter proves Hervé’s difficulty in finding a true connection with someone who is interested in treating him like a person rather than a mere fetish." (Outfest, Los Angeles, juillet 2008)
"DEVOTEE est une œuvre qui bouscule, qui renvoie nos idées aseptisées à une réalité bien plus cruelle. Une sujet fort, provocant, qui n’a certainement jamais effleuré l’esprit de la majorité des gays. Rémi Lange prend son histoire à bras le corps (sans vilain jeu de mot !), sans fausse pudeur et sans voyeurisme mal placé. Un film qui peut faire évoluer les mentalités dans un coffret double où l’on trouve aussi le film MES PARENTS, plus des courts-métrages sur chaque DVD…" (2X, 2 juillet 2008)
"Réalisateur iconoclaste et inclassable, souvent formellement brouillon mais toujours déconcertant, Rémi Lange livre avec « Devotee » une œuvre troublante et bouleversante qui attaque de front des tabous profondément ancrés dans notre société. Hervé aime les mecs de 20 ans. Mais il n’est pas toujours facile de satisfaire ses désirs quand on est différent des modèles qui ornent les couvertures de magazines... Les choses vont-elles changer quand Hervé rencontre un beau mâle de 21 ans, "devotee" ? Dans le langage des pratiques sexuelles fétichistes, un devotee désigne quelqu’un attiré sexuellement par une personne handicapée. Dès le premier plan, le handicap de Hervé déstabilise, saute à la figure et semble nous engouffrer tout entier. Mettant à mal le principe d’identification du spectateur, cette scène inaugurale, nécessaire pour d’emblée dépasser le malaise de la différence, ouvre magnifiquement ce film unique. Co-écrit par Hervé Chenais, acteur principal de cette romance inhabituelle, le scénario ose et bouscule les normes physiques et esthétiques imposées par une société de plus en plus conformiste. Cette tendance à l’uniformisation est d’autant plus évidente dans le milieu gay où la virilisation en cours ne laisse pas beaucoup de places aux marges et aux corps différents : folles excentriques, grands maigrichons, gueules cassées et autres moches mal foutus ne sont pas toujours bienvenus. En réponse, Remi Lange nous balance une « freak power » vitale. Dommage que la mise en scène ne soit pas à la hauteur d’un tel contenu. Mais le côté fauché et brut est aussi la marque de fabrique de Lange. Le manque d’argent, au moins, n’aura pas aveuglé un regard si rare." (Frédéric Arends, GUS)
"DEVOTEE de Remi Lange : un film coup de ....
Coup de poing ? Impossible, le personnage principal n'en a pas, pas plus qu'il n'a de pieds. Nous ne sommes pas dans Freaks mais dans un film vraiment inclassable par sa force et son audace. Tellement inclassable, que sa critique n'est pas plus à sa place ici que dans n'importe quelle autre rubrique à tendance culturelle. La jaquette du DVD porte la mention suivante : "Hervé aime les mecs de 20 ans. Mais il n'est pas toujours facile de satisfaire ses désirs quand on est différent des modèles qui ornent les couvertures des magazines... Les choses vont-elles changer quand il rencontre un beau mâle de 21 ans, « devotee » ?" Assez séduisant quand on s'intéresse au monde de la sexualité et du handicap ... mais si l'on ignore le sens du mot « devotee », on va découvrir un nouveau monde, celui des acrotomophiles, en anglais, devotees (« fervent(e)s en français). En revanche, aucune concession, aucune mièvrerie dans le débat « handicap & sexe », le film est trop centré sur les spécificités d'Hervé pour cela. Le film est un OFNI, objet filmé non identifiable, bourré de petits défauts et de maladresses techniques mais qui sont autant de mises en valeur de la prouesse cinématographique ici réalisée. Faire de son handicap un objet de jeu sexuel, ne rien cacher de la vie sans terminaisons aux quatre membres (étonnante autonomie), filmer érotiquement, sensuellement des relations sexuelles entre le héros, Hervé et son fervent partenaire ... oser se lancer dans un débat sur le partage des plaisirs sont autant de défis que réussit l'équipe de Rémi Lange.
Il est vain de discuter de la part d'autobiographie ici reportée : on lira dans les liens ci-dessous plusieurs interviews d'Hervé Chenais, acteur et président de l'AGLH (Association des Gais et Lesbiennes Handicapés), auxquels le cinéphile curieux pourra trouver d'autres réponses que celles déjà apportées dans l'interview figurant dans les bonus. Nous ne sommes pas, sauf pour nos lecteurs devotees, en présence d'un film porno à regarder avec papier absorbant à portée de main : il y a un vrai scénario ( avec recherche de partenaires sur des sites que vous connaissez !), un début, un milieu, une fin. Du cinéma, du vrai, qui fait mal et qui fait penser et avancer ... que vous ne verrez JAMAIS en salle !!" (www.handigay.com)
"Film-ovni, Devotee s’attache au désir que suscitent chez certains les corps hors norme. Un manifeste dérangeant et passionnant, qui renverse les perspectives sur la sexualité et le handicap. par Arnaud Gallay
Le visage d'un homme, les yeux clos, en gros plan. Lentement, un membre s'approche de sa bouche. Ce n’est pas une main, ce n’est pas un sexe… Alors qu’il se réveille, la caméra dévoile dans toute sa nudité quatre membres sans extrémités. Cette première scène qui met le spectateur à l’épreuve, est à l’image de Devotee: à la fois distancié et frontal, quotidien et hors norme. Des plans que le réalisateur Rémi Lange a voulus pour «se débarrasser de cette attente malsaine, et à la fois normale, du spectateur.» Passé ce préambule, on entre dans l’intimité d’Hervé, entre Paris et un petit village isolé où il vit. Jusqu’à sa rencontre sur le tchat avec Guillaume (Guillaume Quashie-Vauclin), beau jeune homme fasciné par les membres amputés – un «devotee», selon le terme consacré (voir encadré). Dissymétrie Président d’une association de gays vivant avec un handicap* Hervé Chenais s’est improvisé comédien à la suite d’une rencontre fortuite avec Rémi Lange. Pour lui, Devotee est d’abord un moyen de rappeler l’évidence: Un corps handicapé est un corps sensuel, ni plus, ni moins. De fait, on lui a posé mille fois la question: Comment on fait l’amour? comment on caresse? comment on se masturbe, lorsque l’on n’a pas de mains?… «Je ne m'imagine pas avec des mains. Quand je veux avoir des sensations, c'est mes moignons que j’utilise, tout simplement», explique-t-il sans fausse pudeur. En tant que co-scénariste, Hervé a tenu à raconter sa recherche d’affection et de sexualité – une recherche au cours de laquelle il a croisé des «devotees». En riant, il les compare à des gourmands bousculant les clients d’une pâtisserie pour s’emparer de la dernière pièce… comme celui qui avait demandé à Hervé l’aéroport le plus proche pour son jet privé «…mais finalement ça ne s’est pas fait!» Pendant quelques temps, une relation s’était instaurée avec un autre devotee. «Lui y trouvais son plaisir, mais moi, pas le mien.» Dans le film, cette dissymétrie du désir s’exprime dans une scène charnelle entre Guillaume et Hervé. A l’excitation du premier répond la frustration du second, qui attend un baiser qui ne viendra pas.
Universalité Quelque peu boudé par les festivals français, mais porté par le bouche-à-oreille international, ce nouveau moyen-métrage de Rémi Lange confirme le culot et l’impertinence du jeune réalisateur de Omelette et Mes parents. Mêlant sensualité, drame et humour, Devotee en déroutera plus d’un. Par sa thématique, mais aussi par certains de ses rebondissements un peu baroques, ou par l’aspect brut de sa production artisanale – un point assumé par son réalisateur, pour qui un tel film n’aurait pas pu se faire avec des acteurs professionnels et une équipe de tournage au complet. Même imparfait, Devotee frappe par sa richesse et son audace, plus que par le choc passager provoqué par certaines images. Car au-delà de la question du handicap, il braque sa caméra sur le désir. «J’ai cherché à inviter les spectateurs à se poser des questions sur leur tolérance vis-à-vis de ces corps, mais aussi vis-à-vis de leur propre désir», explique Rémi Lange. Devotee «déglingue le formatage», comme le dit joliment Hervé, en montrant comme désirable un corps radicalement différent. Mais il pose également la question universelle de la «fétichisation» de l’autre, de cette tendance croissante à composer «à la carte» son/sa partenaire idéal-e selon des critères physiques toujours plus pointus. Une tendance qui fait aussi un peu de nous des «devotees» et nous met au défi de garder en vue, au-delà du fantasme, l’humanité de chacun."
"Adepte, avez-vous dit ? De Rémi Lange et sa filmographie, assurément. Ce dernier opus, à voir ABSOLUMENT, Devotee, nous fait montre un Rémi bien plus proche de la nature humaine, bien plus en accord avec sa propre nature d’Homme, sérieux et généreux. Du coup vous serez transportés dans l’univers de Hervé Chenais (alias Hervé) bien plus loin, limite borderline, que dans toutes les productions passées de l’Ange cinéaste. Nous ne somme plus dans de l’humoristico-caustico-parodique comme dans The sex of Madame H (2005), ou de Cake au sirop de cordom (2005). Devotee nous touche, me touche, vous touchera là où vos habitudes sont tenaces et vos tabous bien encrés. Attention la gifle, gaffe au retour de boomerang... Ce documentaire, bien plus réel que fiction ne pourra vous laisser dans l’indifférence de la différence. Demain matin, devant votre miroir, ce maudit bouton post pubertaire qui n’en fini pas de récidiver aura bien pâle allure. Votre soit disant bouée de quadragénaire déformée par le prisme de votre dysmorpophobie* s’en trouvera métamorphosé en baudruche, voire en peau de chagrin. Normal ou pathologique, telle n’est pas la question dans ce film, tout est question d’amour et de fantasme, tout comme le plaisir de se faire fister ou autre acabit sexuello-jouistique. Rien de bien méchant, mais certainement dérangeant quand notre regard se pose sur l’inconnu… Merci Rémi, merci Guillaume, merci Hervé.
Les bras m’en sont tombés()
D@vidDotG
* - crainte obsédante (à tort ou à raison) d'être laid ou malformé."
"DEVOTEE le nouveau film de Rémi Lange avec Guillaume Quashie-Vauclin et Hervé Chenais, transporte instantanément dans un univers où le naturel l’emporte sur le voyeurisme.
Le sujet sur une idée de Hervé Chenais, réalisé par Rémi Lange (Omelette, Les yeux brouillés …) permet dès les premières minutes, d’oublier la différence, pour ne retenir que la dramaturgie de l’histoire et la sensualité des personnages. La beauté ténébreuse de Guillaume Quashie-Vauclin, donne l’intensité troublante à cette relation perturbée par … mais je ne veux pas révéler le nœud de l’intrigue.
L’intensité des regards, la beauté des images, la participation d’Ilmann Bel, d’Antoine Parlebas, la prestation exceptionnelle de Guillaume Quashie-Vauclin, qui trouve ici un grand rôle, et la déchirure humaine d’Hervé Chenais vont faire de ce film « gay », un classique qui devrait rejoindre les méandres des cinémathèques ! Une vie qui peut être celle de « monsieur ou madame » tout le monde, vu sous l’angle « gay ». Chacun de nous peut connaître ou devenir un DEVOTEE. Une grande réalisation de Rémi Lange." (Flash-news.over-blog.com)

"Rémi Lange confirme avec "Devotee", son dernier film, qu'il est un des réalisateurs les plus talentueux dans le champ du cinéma queer français. Si l'on se rappelle la scène iconique du "foot fucking" de Hustler White, de Bruce LaBruce, on peut aborder Devotee comme une digression sans tabou sur le thème du handicap. Le vif du sujet n'est pas seulement le corps d'Hervé Chenais, amputé des quatre membres, mais aussi son cœur, ses attentes envers les fétichistes qui viennent en pèlerinage dans sa ferme de province pour assouvir leur quête du moignon idolâtré. Que devient le cœur de l'homme objet quand il oscille comme une balle de ping pong entre l'abjection vis-à-vis de la norme et la réification vis-à-vis des "devotees", ces amateurs d'hommes mutilés ? Si les dialogues se font rares, c'est parce que la force des images expose explicitement les enjeux de Devotee : esquisser une nouvelle cartographie des zones érogènes du corps humain, souligner la précarité du dialogue entre solitude et fantasmes, et bien sûr faire l'éloge d'une différence radicale en réaction aux rêves uniformes qui appauvrissent notre capacité d'émerveillement : la beauté, elle aussi, est à réinventer."(Maxime)
"J'ai vu Devotee récemment aussi, et c'est une œuvre qui confirme le talent de Rémi Lange. Un grand réalisateur, à n'en pas douter (il l'a déjà prouvé avec son très dérangeant "Mes parents")."(Baker)
"Un film des plus troublants sur un sujet des plus dérangeants. Rémi Lange a osé. Soyez voyeur, laissez-vous retourner..." (Madame H)
"A l'heure où le festival de Cannes éteint ses derniers feux, à l'heure où de petits films de quelques millions d'euros gagnent la palme, où
de plus gros remportent d'autres prix, à l'heure où l'on murmure que le cinéma se meurt, que le marché du jeu vidéo est en train de le
l'emporter en termes de loisirs, à l'heure où le club des treize clame haut et fort que le fossé devient un gouffre, à cette heure improbable
où l'on voudrait que tout soit comme avant, alors que tout a changé, les paroles de Godard ou de Scorcese qui affirmaient qu'avec l'ère de
la vidéo et du film fait maison, le cinéma se transformerait et de nouveaux auteurs naitraient, ces paroles prennent un nouveau sens.
Certes la vidéo de plus en plus remplace la pellicule, sans détriment du spectacle, mais l'économie reste la même. Ce nouveau cinéma tant
promis, n'est pas un changement de technique. Il est un changement d'âme et de regard. Cette vidéo a ceci de miraculeux qu'elle permet
enfin une rébellion qui n'était plus pensable. Non pas en imitant à moindre frais une cinématographie essoufflée -quelques millions
d'euros, ce n'est pas beaucoup, cependant ça ne traine pas dans la poche du premier venu- mais en permettant d'aborder d'autres sujets, de
dire d'autres choses, de montrer d'autres images, bref de faire ce que les lois du marché ne permettent plus et sans doute ne permettront plus jamais . Un film peut se faire à la sauvette, et comme des œuvres interdites au siècle dernier , se vendre sous le manteau. Ce n'est pas
l'argent qui prime alors, mais un autre regard sur le monde, et même, carrément, un autre monde.
Devotee (aux éditions dvd les films de l'ange, 25 euros le double dvd) raconte les amours d'un homme tronc. Faute de moyen, c'est aussi
mal éclairé qu'un gonzo, et l'histoire filmée dans l'urgence de la vision est surement un peu bancale au finale. Point de vue trucage,
l'économie est résolue par la présence bien réelle d'un homme tout à fait tronc de nature, enfin presque, car ses moignons de jambes et de
bras subsistent, permettant de nombreux jeux amoureux, régals du fétichiste attiré dans son antre. Car c'est bien à une rencontre du
désir que nous convie le cinéaste Rémi Lange (Omelette, Les yeux brouillés). D'un côté un beau jeune homme, devotee -c'est ainsi que se
nomment d'eux mêmes ceux qu'attirent les êtres amputés- et de l'autre, l'objet du désir. On y découvre comment sans main ni bras, on peut se donner du plaisir, en donner aux autres, et d'autres choses tout aussi utiles, telles que taper à la machine, conduire une voiture, ou se
faire un café. Ce docu-fiction aussi improduisible qu'indistribuable dans les circuits classiques, n'a pas seulement le mérite de nous
rejouer Freaks, version porno mais soft (en effet pas de plan de pénétration moignon ; il y a des limites au jeu de l'acteur !) , mais de
témoigner de quelque chose de totalement oublié : le monde ne ressemble pas à ce que nous en dit le cinéma non plus que la télévision. Il n'y
ressemble pas, parce que ce monde est celui qu'autorisent les financiers, et que sa représentation même réaliste, n'est et ne peut être que le reflet d'une pensée argentée, soumise au compromis et à son industrie.
Bien sûr, on peut rester pantois devant le spectacle et lui reprocher ses multiples défauts. Il n'en demeure pas moins que des images jamais
encore vues s'y révèlent et nous parlent et nous surprennent et nous hantent. Petit à petit, devant l'évidence du regard de Rémi Lange, les
préjugés tombent, l'amour monstrueux nous parait possible, et lorsque le "monstre" proteste de n'avoir été qu'objet de désir dans cette
relation, tout s'inverse et fait question. Car ici, ce n'est plus le beau jeune homme qui est l'homme objet mais l'amputé et son discours
mlf ancienne génération surgit de nulle part, provoquant notre agacement, nous renvoyant aux ténèbres de nos certitudes : mais pour qui
se prend il celui-là, ce demi-homme, de protester alors qu'avec sa gueule, et son corps il devrait remercier le bon dieu de s'être tapé
un mec comme ça ! Bien sûr, le gars n'est pas forcément sympathique - ras-le-bol des bons handicapés de cinéma toujours gentils et autres Mimie Mathy trop bonnes fées -, bien sûr cette relation n'est pas totalement bouleversante et le scénariste s'en sort davantage par une pirouette que par une morale, mais qu'importe. Ce film nous renvoie à l'essence même du cinéma, sa vocation première : montrer ce que nul n'a vu, faire vivre ce que nul n'a vécu. Et tant pis si les moyens -techniques, financiers et autres- n'y sont pas.
Ou peut-être tant mieux .
Car les cinéastes de demain ou d'aujourd'hui devront de plus en plus choisir, entre avoir les moyens de faire un film, ou faire un film sans
moyen. Entre faire du cinéma ou vivre du cinéma. Entre les deux le fossé est un gouffre, et la radicalisation extrême (sans subvention,
ni chaînes, sans salaire non plus, et donc de fait dans l'illégalité) une solution parmi d'autres, une solution qui entraine des genres
nouveaux, des regards nouveaux, des films nouveaux, jamais faits jamais vus., comme au bon vieux temps de la naissance de l'art, avec ses
maladresses et ses fulgurances.
Aujourd'hui, le cinéma ne meurt pas, il nait.
Devotee n'est surement qu'un exemple parmi d'autres. Reste à trouver sur la toile ces autres films, films d'aujourd'hui ou de demain, mais pas d'hier, ces films qui grâce à ce moyen économique de la vidéo, n'auraient pû se faire avant, qui n'appartiennent encore à aucun
marché, et qui pourtant sont là , et font à leur façon la nique au système. Qu'on ne pleure plus donc sur la mort tant de fois annoncée
du cinéma. Devotee, l'amoureux des estropiés, des amputés, des abimés, est là, et lui redonne, à sa façon -d'amputé, d'abimé, d'inabouti cinématographique- corps et vie nouveaux. De l'autre côté du gouffre, tout est à venir, les monstres nous font signe." (Philippe Barassat)
"Bravo pour l'audace de Rémi Lange, celle de montrer ce
que tout le monde pense indicible et invisible, de mettre en lumière ce
qu'une armée de psychanalystes ne parviendraient pas à faire remonter de
l'inconscient de la société tant le refoulement social s'enfonce dans le
libéralement correct.
DEVOTEE, tout en montrant et parlant peu, en dit plus qu'il n'en offre au
regard, évite toute forme de voyeurisme et pose des questions essentielles
sur nos existences." (Philipe Perol, directeur du festival Désirs Désir de Tours)
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UN FILM DE / A FILM BY REMI LANGE
AVEC / STARRING HERVE CHENAIS, GUILLAUME QUASHIE-VAUCLIN, ANTOINE PARLEBAS, ILMANN BEL, SOPHIE BLONDY, REMI LANGE, BAPTISTE LAMY, JACQUES LANGE.
SCENARIO / SCRIPT : HERVE CHENAIS, REMI LANGE ET GUILLAUME QUASHIE-VAUCLIN, D'APRES UNE IDEE ORIGINALE DE HERVE CHENAIS. MUSIQUE DE/BY JANN HALEXANDER
GENERIQUE COMPLET : Les films de l’ange et AGLH présentent “Devotee” un film de Rémi Lange avec Hervé Chenais, Guillaume Quashie-Vauclin, Antoine Parlebas, Ilmann Bel, Jacques Lange, Sophie Blondy, Rémi Lange, Baptiste Lamy. Montage Rémi Lange et Antoine Parlebas. Mixage Olivier Rodriguez. Image et son Rémi Lange. Scénario Rémi Lange, Hervé Chenais et Guillaume Quashie-Vauclin. Musique originale Jann Halexander.

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SOUS-TITRES ANGLAIS ET
SOUS TITRES FRANCAIS POUR MALENTENDANTS
FRENCH AND ENGLISH SUBTITLES AVAILABLE
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BONUS DU DVD :
3 COURTS METRAGES/SHORT MOVIES :
-"THYROID", DE/BY REMI LANGE,
-"CAKE AU SIROP DE CORDOM" DE/BY REMI LANGE,
-"BLESSURE SECRETE" DE/BY BAPTISTE LAMY.
SCENES COUPEES/DELETED SCENES.
INTERVIEW DE/OF HERVE CHENAIS, ACTEUR PRINCIPAL/MAIN ACTOR.
BANDES-ANNONCES/TRAILERS HOMOVIES.
COMMENTAIRES/COMMENTS DE/BY REMI LANGE.
SORTIE DVD FRANCE LE 16 JUIN 2008
2008 - DUREE DU FILM : 50 MINUTES, DUREE DU DVD : 1h26
CODE-BARRE DU DVD "DEVOTEE" : 3700246903345

EXISTE AUSSI EN DOUBLE DVD COLLECTOR : LE DVD "DEVOTEE / MES PARENTS", 2 FILMS QUEER DE REMI LANGE
CODE-BARRE DU DVD DOUBLE : 3700246903352
PRIX PUBLIC CONSEILLE DU DVD SIMPLE : 20,00 euros TTC.
PRIX PUBLIC CONSEILLE DU DVD DOUBLE : 25,00 euros TTC.
Editeur : Les films de l’ange, 4 rue Arthur Brière, 75017 PARIS.
Tel : 0871768967 (prix d'un appel local).
Email : lesfilmsdelange@gmail.com.

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INTERVIEW DE HERVE CHENAIS ET REMI LANGE :
À quelle occasion vous êtes-vous rencontrés et pourquoi ce désir
de travailler ensemble ?
Rémi Lange : Nous nous sommes rencontrés au Printemps des
associations en avril 2005. Le stand d’Hervé était en face du
mien. Nous avons sympathisé et comme je vendais les DVD de
mes fi lms, je l’ai orienté sur ceux susceptibles de l’intéresser
comme « Mes parents » ou « Le zizi de Billy ».
Hervé Chenais : J’ai été très heureux de rencontrer Rémi à cette
occasion : je connaissais certains de ses fi lms et j’avais lu pas
mal d’articles le concernant. L’authenticité de ses fi lms me touche
particulièrement : il sait raconter la vraie vie, sans paillettes.
Je l’ai retrouvé en 2006 à ce même salon et il m’a alors proposé
d’évoquer à travers un fi lm le sujet me concernant. C’était
précisément mon souhait, ayant auparavant abordé quelques
cinéastes dans ce sens.
Comment vous êtes-vous répartis la tâche ?
R.L. : Je connaissais mal ce sujet et comme je considérais qu’il
appartenait à Hervé, je lui ai demandé d’écrire un scénario.
J’aime qu’un auteur ou un comédien se livre totalement et fasse
entièrement confi ance au réalisateur. Hervé s’est mis à nu : il a
révélé ses problèmes, son quotidien, son corps.
H.C. : J’ai écrit un premier scénario entre avril et septembre 2006,
tout en ayant à l’esprit que je jouerai les scènes que j’imaginais.
J’ai alors transmis ce texte à Rémi et il a fallu le revisiter sous
forme de huis clos, car cette première version impliquait trop de
décors et de personnages. Je voulais aussi que Rémi marque son
empreinte et que le deuxième acteur, Guillaume Quashie-Vauclin,
puisse participer à un film dont il serait fier car son rôle n’est pas
facile à tenir. Il a d’ailleurs apporté trois idées de scènes qui
n’auraient jamais existé sans lui !
POUR LIRE L'INTERVIEW COMPLÈTE CLIQUEZ ICI
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INTERVIEW DE GUILLAUME QUASHIE-VAUCLIN ET REMI LANGE SUR FLASH-NEWS.OVER-BLOG.COM
Première interview croisée de Flash-News avec Rémi Lange et Guillaume Quashie Vauclin à l’occasion de la sortie de Beurs appart’ 2 et de DEVOTEE. L’un est un film drôle sur les mésaventures d’une bande de jeunes beurs gays, le second sur la différence physique.
Avant de parler de ces deux films, Rémi et Guillaume, pouvez vous faire une brève présentation pour les internautes de Flash-News qui ne vous connaîtraient pas.
Rémi
Je suis réalisateur depuis 1993, et éditeur DVD depuis 2004.
Guillaume
Moi, étudiant en histoire, tombé par hasard dans le monde du cinéma gay, et j’y évolue depuis Statross le magnifique en 2006.
Rémi, qu’elle a été ton déclic pour le cinéma, on parle toujours d’Omelette comme étant ta première réalisation, mais avant tu avais déjà réalisé Les anges de nos campagnes et Le super 8 n’est pas mort, il bande encore. Pour ma part quand je vois tes créations, je ne peux m’empêcher de penser à Andy Warhol, avec le côté décalé, parfois trash, est-ce une référence, même indirecte, pour toi ?
A vrai dire, il n’y a pas que les films d’Andy Warhol, il y a tous les films du cinéma underground américain et aussi des auteurs comme Kenneth Anger, Jack Smith et les premiers films de John Waters qui m’ont pas mal influencé dans la manière de filmer, c’est à dire des films tournés à la maison dans un cadre totalement hors professionnel. C’est mon père qui m’a donné envie de faire du cinéma en projetant des films de famille et qui me réveillait vers minuit, pour regarder « le cinéma de minuit » à l’age de six, sept ans, avec des films comme Freaks, Chantons sous la pluie , Le magicien d’Oz... Il n’a réalisé que des films de famille, mais inconsciemment il m’a donné envie de développer mon imaginaire dans le cadre du cinéma.Dans un premier temps j’écrivais des histoires, des scénarios qui n’ont jamais vu le jour, et puis j’ai réalisé Omelette en 1993 suite à la découverte d’autres cinéastes de l’underground new-yorkais comme Jonas Mekas, inventeur du journal filmé en 1969, et aussi des journaux filmés de Joseph Morder, des films de Peter Friedmann, Tom Joslin dont Silverlife the view from here a été le plus marquant pour moi. Ce sont des réalisations tournées de façon indépendante, mais c’est l’univers des journaux filmés qui m’a donné l’envie de passer à l’acte dans la branche du cinéma personnel. J’ai essayé de me démarquer de ce qui se faisait et d’inventer un style de journal filmé qui n’avait pas été fait jusque-là qui est le « film journal narratif classique grand public », c’est-à-dire tourné comme un film de famille ou en journal intime, mais qui après est monté comme un film narratif classique, accessible au plus grand nombre, mais pas un film élitiste avec juxtaposition de morceaux de la vie quotidienne qui dure 4 heures comme des films de Jonas Mekas.
A la base, tu te voyais devenir réalisateur underground ?
Non, par forcément, mais réalisateur oui.Underground j’y suis resté par la force des choses, après avoir sorti Omelette et Les yeux brouillés en 1998 et 2000, j’ai écrit un scénario assez classique, avec Lio qui devait jouer le rôle principal et Julie Depardieu une petite scène, mais le film ne s’est pas fait car la manière de procéder des producteurs français m’a conduit à rester dans le milieu un peu fermé, tourné à la maison, avec les moyens du bord. Tout est fait de façon autonome et totalement marginale par rapport au système de production actuel.
Guillaume tu es un jeune acteur talentueux, qui passe de la comédie au drame, qu’est-ce qui t’a amené à entrer dans le milieu d’un cinéma que l’on pourrait dire parallèle, car surtout distribué en DVD et non en salle.
C’est le plus grand des hasards, sans penser à un plan de carrière. C’est par un site de rencontres gays que je suis entré dans cet univers par un complet accident, par l’intermédiaire d’un photographe avec lequel j’avais fait quelques photos, avec lequel Ilmann Bel en avait fait également. Il est tombé sur des clichés et c‘est comme ça que je me suis retrouvé dans Statross le magnifique.
Rémi tu es réalisateur, scénariste, acteur, producteur et distributeur de films et malgré tes multiples récompenses dont un Freedom Award aux Etats Unis, tu es peu médiatisé en France, d’où vient à ton avis cette absence d’exposition ?
Tout simplement parce que les journalistes et les médias français ne s’intéressent exclusivement qu’aux films qui sortent en salles. Pour eux, le vidéo-art ce n’est pas du cinéma, à partir de là, ils ne chroniquent pas ce genre de films. Je ne le suis que dans les magazines gays, parce que les journalistes connaissent mon travail, mais quand j’ai crée ma société en 2004, il était difficile d’avoir un article dans ces magazines, maintenant c’est le cas, mais il m’est toujours difficile d’en avoir dans les magazines classiques. Là ou j’ai pu en obtenir comme dans Studio ou Ciné Live, c’est parce que des journalistes me connaissaient du temps où Omelette et Les yeux brouillés étaient sortis en salles. Il y a une sorte d’ostracisme envers les films tournés à la maison, sans aide du CNC, sans aides officielles et sans producteurs. Pour eux ce sont des films amateurs que l’on ne chronique pas.
La rencontre commence dans une atmosphère détendue, et va se poursuivre dans de multiples éclats de rire...POUR LIRE L'INTERVIEW COMPLÈTE CLIQUEZ ICI
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INTERVIEW DE GUILLAUME QUASHIE-VAUCLIN ET REMI LANGE DANS 2X DU 2 JUILLET 2008
Rencontre avec ce réalisateur passionné et son comédien, Guillaume Quashie-Vauclin, que vous avez pu remarquer (c’est le plus beau des colocs !) dans « Beurs Appart’ » :
-Rémi, pouvez-vous nous présenter l’histoire de « Devotee » ?
C’est l’histoire d’un homme qui a un physique différent, complètement inhabituel. Au début, il est confronté à une sorte de solitude masturbatoire et il se met à rechercher quelqu’un sur internet qui pourrait être attiré par son corps, d’où le terme « Devotee ».
-Guillaume, comment avez-vous réagi quand Rémi vous a soumis le scénario ?
J’étais content parce que cela exigeait un travail difficile de comédien. Je n’avais pas la moindre idée de cette particularité sexuelle. Je n’avais jamais vu, imaginé le concept. J’ai accepté ce rôle pour la dimension d’exigence par rapport au jeu d’acteur et un certain intérêt par rapport à la thématique.
-Rémi, on retrouve une équipe de fidèles autour de vous. A l’écran : Antoine Parlebas, votre compagnon de longue date, Ilmann Bel de « Beurs Appart’ » ; à la musique : Jann Halexander, le réalisateur de « Occident », sorti le 20 Mars… sans oublier Guillaume qui a participé avec vous et Hervé Chenais (à qui l’on doit l’idée originale), à l’écriture du scénario. Comment s’est déroulée la fabrication de ce film ?
Le film est né de la rencontre avec ce corps différent, celui d’Hervé Chenais. Je lui ai demandé d’écrire un scénario car je connaissais mal son univers quotidien, ses problèmes. Ensuite, on a commencé à tourner avec quelques modifications (désistement du premier comédien choisi, changement de lieu de tournage…). Comme d’habitude, j’ai fait appel à mes amis, aux gens de ‘la famille’ pour construire le film.
-Guillaume, les scènes de sexe avec Hervé ont-elles été difficiles à tourner ?
Certains moments ont été un peu compliqués, difficiles, avec des surprises ou des choses qu’on n’imagine pas du point de vue du contact sensoriel… mais ce n’est pas non plus de l’héroïsme total ! J’ai dû aller au bout de mes propres tabous puisqu’il a fallu s’habituer au corps d’Hervé, d’abord en photos pour ne pas être directement confronté à cette différence. Le film parle de choses qu’on ne voit pas d’habitude - ou que l’on ne veut pas voir – et cela oblige à penser que des actes très simples peuvent, pour d’autres, être beaucoup plus compliqués. Dans la réflexion personnelle, c’est enrichissant.
-Rémi, « Devotee » a été présenté en première mondiale à Bruxelles, il est sélectionné aux festivals NEWFEST de New York et OUTFEST de Los Angeles et un distributeur américain s’intéresse au film… En France, vous êtes votre propre distributeur car vous ne trouvez aucun producteur pour vous soutenir sur des projets de ce genre. Comment expliquez-vous cela ?
Le distributeur américain s’intéresse à « Devotee » car aux Etats-Unis, il y a un potentiel commercial qui n’existe pas en France où je ne suis pas un réalisateur ‘bankable’, vu que mes films « Omelette » et « Les Yeux brouillés » ont fait peu d’entrées. Je suis un cinéaste exigeant, dans le sens où je ne veux pas qu’on m’impose, par exemple, un happy end ! De plus, j’aborde des sujets pas du tout commerciaux. Si je présente « Devotee » à un producteur gay ou pas d’ailleurs, il ne va pas miser une seconde là-dessus ! Si je n’avais pas ma propre boîte de production, je ne sais pas comment je ferais pour faire mes films. Aujourd’hui, cette solution me satisfait car je travaille avec des amis, et j’ai une liberté totale.
-Guillaume, vous faites aussi partie de l’aventure « Beurs Appart’ », dont le deuxième volet est sorti le 23 Mai. Dites-nous comment vous êtes arrivé sur ce projet et que représente pour vous cette série qui mets en scène des Beurs gays ?
Je suis arrivé sur « Beurs Appart’ » grâce à Ilmann Bel avec qui j’avais travaillé, sous la direction de Rémi, sur « Stratoss le magnifique » en 2006. J’ai tout de suite accepté le projet car les ambiances de tournage sur ce genre d’aventures sont toujours extraordinaires. Je ne pense pas qu’on puisse considérer « Beurs appart’ » comme une série à thèse car ce n’est pas tellement militant. C’est avant tout un divertissement. Disons que c’est un exemple de la diversité des rapports des Beurs et de l’homosexualité.
-Rémi, dans les bonus de « Devotee », on trouve deux de vos courts-métrages, plus « Blessure secrète » de Baptiste Lamy, que vous tenez à nous présenter…
Je pense que Baptiste Lamy est le Kenneth Anger français. Ce film-là, lui aussi, pose la question du corps différent et cela va vraiment bien avec « Devotee ». Il va très loin dans la représentation du corps, du sien en l’occurrence.
-Rémi et Guillaume, quels sont vos projets ?
Rémi : Comme on s’entend bien, je pense que je ferai appel à Guillaume pour un des mes prochains films. Autrement, j’ai toujours l’intention de tourner « Comment faire un enfant à Lio ? » avec ou sans Lio ! Et j’ai un autre projet en écriture…
Guillaume : Continuer « Beurs Appart’ ». Le 3 va bientôt être tourné… Et pour les projets avec Rémi, il a répondu pour moi !